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Tommy (1975 - Ken Russell)

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Laurent T.
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MessageSujet: Tommy (1975 - Ken Russell)   Mer 12 Mar - 12:37




A la suite d'un choc psychologique brutal, Tommy est devenu sourd, muet et aveugle. Sa mère et son beau-père font tout pour le guérir. Mais en dehors d'une fascination pour les miroirs et les billards éléctriques, Tommy ne veut rien entendre. Jusqu'au jour ou sa mère le projette à travers un miroir. C'est le miracle, Tommy entend, voit, parle. C'est le nouveau Messie.


Adapter un opéra rock sur grand écran est toujours une étape délicate, y compris quand ce sont les Who qui s'y collent. Six ans après la sortie de l'album, Tommy débarque sur grand écran dans un style déjanté auquel personne ne s'y attendait.

Pourtant, cette extravagance visuelle et sonore lui permettent d'être un film musical unique en son genre. En effet, il faut oublier Singin' in the Rain ou West Side Story, car le film de Ken Russell ne contient aucun dialogue, tout se joue à travers la musique, les textes et les expressions des différents personnages. Ceux-ci se révèlent tantôt adorables et sensibles mais peuvent aussi de montrer crapuleux : Frank, le beau-père assoiffé d'argent; Ernie, l'oncle d'une perversité dégoûtante (le moment où l'écran devient tout noir nous fait directement penser à un viol, ce qui rend le film plus sombre); cousin Kevin (le tryptique Ernie / Kevin / Tommy devant le miroir est un des nombreux morceaux de bravoure du long-métrage); voire même The Acid Queen (Tina Turner, impériale), la prostituée complètement barje qui fait plus de mal à Tommy plutôt que de le guérir.

On retiendra surtout le duel Daltrey / Elton John (The Pinball Wizard) qui se bat au flipper devant une foule hystérique et des musiciens tarés qui iront jusqu'à détruire leurs instruments.
Il est évident que ce festival de couleurs mélangé à l'utilisation de zoom et de gros plans nous fait rappeler Orange Mécanique de par son style pyschédélique et des sonorités que contient le chef-d'oeuvre de Kubrick.

Dans se dernière demi-heure, Tommy bascule de plus en plus dans la tragédie. Guéri et considéré comme le nouveau Messie, notre héros devient en quelque sorte le gourou d'une secte, imposant à ses disciples sa manière de penser, de se comporter; provoquant ainsi la colère de ses admirateurs mais surtout sa déchéance. Défnitivement orphelin et condamné à errer, il ne respire pas moins la joie de vivre.

Opéra pop-rock unique en son genre, le film de Ken Russell n'en reste pas moins difficilement accessible en raison de la noirceur des différents sujets évoqués (la guerre, la pédophilie, le sectarisme, etc...); mais il reste avant tout une expérience visuelle et sensorielle indémodable et marquante, que peu de films musicaux ont réussi à égaler jusqu'à présent.
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Mes DVD (mise à jour le 15 avril 2008)
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